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TEXTES EN CHANTIERS ... OU PAS

J'étais petite moi aussi, tu sais... (Extraits)

Pièce de théâtre  en un acte sur le harcèlement au travail

Oh ! Comme il est mignon ! Alors comment qu'y s'appelle ? Regardes moi comme j'suis moche quand j'te parle. Pourquoi tu pleures ? T'as peur ? Fais la bise à la mamie qui t'aime de tout son cœur. Allez, fais la bise. (s'énervant au 1/3 plongée dans le carton) Allez, fais la bise. Fais la bise ! Tu vas la faire la bise, Ducon !

 

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Tu vois ! Le p'tit, y connait l'orgasme alimentaire, mais l'problème c'est qu'y s'en souvient pas. Par contre, le jour où y va l'rencontrer, au coin d'une table, au détour d'un plat, à la lumière d'une salle de restaurant ou d'une table de cuisine, ce jour là, y va chialer comme un bébé, la p'tite larme au coin d'l'oeil, les perles de sueur sur le front. Il ne saura pas d'où ça vient. Il ne se souviendra plus de l'orgasme fondateur. Le tout premier, initié au creux d'une paire de nichons dégoulinants, sous le regard d'une mère fière du plaisir incandescent si généreusement donné. ….

 

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Bon. ça suffit.

J'étais p'tite moi aussi, tu sais. Alors cesse de m'regarder comme ça,. T'entends ?!?

"L'eau vive..."

 

Assise à la table de sa salle à manger, je traverse ma solitude, et découvre un à un ses bibelots, ses fleurs artificielles, ses meubles, toutes ces choses qui sont elle, tellement elle. Que vont devenir ces objets, objets de la passion, outils de l'expression, uniques, liés à ses pensées, ses actions, à ce que furent ses racines, son arbre, son feuillage et ses branches décorées de la multitude de fleurs en papier qu'elle nous a offertes à tous. Le voilà ! Il est là le gros chagrin dissimulé sous "des tas de choses à faire". Je viens de prendre conscience de la dimension de ce qui est en train de se jouer, enfin consciente que la reine va disparaitre, consciente de la femme qui petit à petit se révèle et déjà s'en va.

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Le mari de « la voisine » était russe. Il s’appelait Dimitri et portait à mes yeux d'enfant tout l’exotisme et l’étrange de l’étranger. Il roulait les "r"   et son visage rond, lisse et rieur n’était que bienveillance. La lumière y glissait merveilleusement et ses traits restent tatoués à jamais dans un recoin de ma mémoire.  Chaque année nous célébrions chez eux la Pâques russe. Ce rituel annuel que j'adorais se résumait à partager un dessert  résolument écœurant saturé de beurre et de raisins de Corinthe qui contenait à lui seul tout le mystère que je pouvais attribuer au mot Russie. 

  LA PETITE CHOSE   (Extrait)     

              Voilà, on est quand même arrivées à l’agence. Je ne comprends pas ma mère, elle s’énerve, elle s’énerve et à la fin, on fait ce qu’on devait faire qu’on aurait pu faire sans tout cet énervement. A croire que ça lui fait du bien. Moi, je m’en fiche. Je fais comme si elle était pas là. Et je la vois à côté de moi qui s’agite, qui s’agite. La plupart du temps, je n’écoute pas. Je ne l’écoute pas. Je la vois comme l'héroïne d'un film comique. Comme quelqu’un qui s’agite de l’autre côté d’une vitrine et sans le son, je la trouve bizarre, même avec l’habitude, je la trouve de plus en plus bizarre. Parfois elle me fait peur. Elle fait des grimaces et prend l’air de quelqu’un qui va vous sauter dessus pour vous démolir. Mais elle ne le fait jamais. Elle crie, c’est tout. Et elle s’agite. C’est fou ce qu’elle s’agite.

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